Une commune du Périgord Vert qui se raconte

Saint-Germain-des-Prés se situe dans le nord-est de la Dordogne, dans le bassin de vie d’Excideuil. La commune fait partie de la Communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord.

Mais Saint-Germain-des-Prés n’est pas seulement un village rural. Son histoire est riche et reste encore bien visible aujourd’hui. L’exploitation du fer, l’arrivée du chemin de fer, les événements de la Seconde Guerre mondiale ou encore les liens anciens entre les paysages, les activités humaines et les voies de circulation ont profondément marqué la commune.

Repères d’identité

Nom occitan : Sent German daus Prats.

Saint-Germain-des-Prés est une commune de Dordogne, située dans l’arrondissement de Nontron et le canton Isle-Loue-Auvézère. Elle appartient au bassin de vie d’Excideuil et à la Communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord.

Son paysage est fait de collines, de vallons et de petits cours d’eau, parmi lesquels le Ravillou et le Merdanson.

Son patrimoine bâti comprend notamment l’église Saint-Germain, le château de Saint-Germain, le château de Saint-Pierre, ancienne colonie de vacances des PTT, mais aussi des pigeonniers et plusieurs ouvrages liés à l’ancienne voie ferrée.

Une identité liée au fer jusque dans le nom

L’histoire de Saint-Germain-des-Prés a longtemps été liée au minerai de fer. Cette activité a même laissé sa trace dans le nom de la commune.

Pendant la période révolutionnaire et au début du XIXe siècle apparaissent ainsi les appellations « Germain le ferrugineux », puis « Saint-Germain-les-Mines », avant que la commune ne retrouve définitivement son nom actuel : Saint-Germain-des-Prés.

Ces anciens noms racontent à eux seuls une partie de l’histoire économique du territoire.

Un environnement naturel et patrimonial

Le relief donne à Saint-Germain-des-Prés un paysage caractéristique du Périgord Vert. Collines, vallons, prairies, bois et petits cours d’eau se succèdent.

Cette géographie a influencé l’installation des activités humaines au fil du temps. Elle explique aussi les difficultés rencontrées par les ingénieurs lors de la construction du chemin de fer à la fin du XIXe siècle.

Le Ravillou et le Merdanson

Le Ravillou et le Merdanson font partie du paysage de Saint-Germain-des-Prés. Habituellement modestes, ces cours d’eau peuvent réagir rapidement lorsque les pluies deviennent importantes.

Ils participent pleinement au caractère verdoyant de la commune et de ses environs.

Le tunnel ferroviaire : d’un patrimoine industriel à un refuge naturel

L’ancien tunnel ferroviaire, situé près du secteur d’Excideuil, a aujourd’hui une fonction bien différente de celle pour laquelle il avait été construit.

Il est devenu un habitat remarquable pour les chauves-souris. Le site Natura 2000 du Tunnel d’Excideuil est notamment reconnu pour la présence de cinq espèces, dont le Grand Murin, qui s’y reproduit.

Un ouvrage autrefois consacré au chemin de fer et au développement des transports est ainsi devenu un élément précieux du patrimoine écologique local.

Un patrimoine bâti à taille humaine

L’église Saint-Germain conserve un chœur roman ainsi qu’une œuvre représentant l’Entrée du Christ à Jérusalem, protégée au titre des monuments historiques.

Le château de Saint-Germain témoigne de l’histoire résidentielle et seigneuriale locale. Le château de Saint-Pierre, qui a notamment accueilli une colonie de vacances des PTT, constitue lui aussi un repère architectural important.

À cela s’ajoutent les pigeonniers, les ponts, le petit patrimoine et les paysages ruraux. Autant d’éléments que l’on peut découvrir au fil d’une promenade dans la commune.

Un passé « industriel » important : le pays du fer

Le passé industriel de Saint-Germain-des-Prés occupe une place importante dans son histoire. Pendant des siècles, le fer a participé à l’économie locale et a laissé des traces dans les archives, la mémoire du territoire et même sa toponymie.

Une exploitation documentée

Un article de la Société historique et archéologique du Périgord mentionne l’existence, au XVIIIe siècle, de contrats d’extraction ainsi que de familles de « tireurs de mine » à Saint-Germain-des-Prés.

Les documents de l’époque parlent notamment de parcelles boisées dans lesquelles on venait « creuser la mine ». Pour certaines familles locales, cette activité pouvait représenter un complément de revenu important.

L’exploitation du minerai s’inscrivait dans une économie plus large autour d’Excideuil. Propriétaires, exploitants, travailleurs de la terre, marchands et maîtres de forge participaient, chacun à leur manière, à cette activité.

Chaux, carrières et trafic ferroviaire

Le minerai n’était pas la seule activité liée au sous-sol et aux matériaux.

Les recherches consacrées à la ligne ferroviaire montrent aussi l’importance du transport de matériaux. Des fours à chaux étaient présents à Saint-Germain-des-Prés et dans les communes voisines. Jusqu’à la fin des années 1920, la chaux et les produits issus des carrières représentaient une part significative du trafic.

L’histoire industrielle locale ne se résume donc pas au fer. Elle passe aussi par les carrières, les fours à chaux, les matériaux et, bien sûr, le chemin de fer qui permettait leur transport.

Le chemin de fer : un paysage transformé

À la fin du XIXe siècle, l’arrivée de la ligne Angoulême-Brive fait entrer Saint-Germain-des-Prés dans un nouveau réseau de transport.

Le relief ne facilite pas les travaux. Il faut construire des tunnels, des viaducs et différents passages permettant de franchir les vallées. Ces ouvrages techniques vont peu à peu devenir des éléments familiers du paysage.

Le viaduc du Ravillou

Le viaduc qui traverse la vallée du Ravillou reste aujourd’hui l’un des éléments les plus visibles de ce patrimoine ferroviaire.

Il témoigne à la fois du savoir-faire technique de l’époque, du travail nécessaire à la construction de la ligne et de l’histoire économique du territoire. Aujourd’hui, il participe aussi à son attrait touristique.

Du train au vélorail

L’ancienne voie ferrée connaît désormais une seconde vie grâce au tourisme.

Le Vélorail du Périgord Vert propose des parcours d’environ 14 kilomètres aller-retour. On y découvre d’anciennes gares, des ponts et des viaducs.

Le parcours Corgnac–Saint-Germain–Saint-Andrieux traverse notamment le secteur de Saint-Germain-des-Prés et emprunte le viaduc du Ravillou.

L’ancien patrimoine ferroviaire est ainsi devenu une activité de plein air permettant de découvrir le territoire en famille et à son rythme.

Un passé militaire important

L’histoire militaire de Saint-Germain-des-Prés mérite une place à part entière. Entre 1943 et 1944, plusieurs événements importants se déroulent dans la commune ou à proximité. Les Chantiers de la jeunesse, la Résistance, la Milice, la répression allemande et les missions aériennes britanniques se retrouvent ainsi au cœur de cette période.

Le Groupement 28 « Péguy » des Chantiers de la jeunesse

En 1943, le château de Saint-Pierre accueille le poste de commandement du Groupement 28 « Péguy » des Chantiers de la jeunesse française.

Le groupement était auparavant installé dans l’Ariège. Il est ensuite déplacé en Dordogne, avant d’être affecté à la Poudrerie de Bergerac.

Cet épisode rappelle la place occupée par Saint-Germain-des-Prés dans l’organisation de la France de Vichy et dans la mobilisation de la jeunesse mise en place après 1940.

Cette partie de l’histoire doit toutefois être présentée avec précision. Les Chantiers de la jeunesse ne constituaient pas une unité combattante traditionnelle. Leur présence reste malgré tout un élément important du passé militarisé de la commune.

30 mai 1944 : l’embuscade de Lage / La Sablière

Le 30 mai 1944, sur la D76 en direction d’Excideuil, des résistants attaquent un convoi de la Milice.

La documentation mémorielle de la Préfecture de la Dordogne présente cette opération comme une embuscade victorieuse. Neuf miliciens sont mis hors de combat et plusieurs prisonniers sont libérés.

Une stèle rappelle aujourd’hui cet épisode.

La Verdenie : René Donadille et les victimes de la répression

À la fin du mois de juin 1944, le secteur connaît des incursions allemandes et des affrontements avec des groupes FTP.

René Donadille, résistant ayant rejoint le secteur d’Excideuil pour échapper au Service du travail obligatoire, est tué près de La Verdenie.

La stèle rappelle également la mémoire de Hugues Rottenberg et Charles Moog, victimes juives de la répression à Saint-Germain-des-Prés.

La Moranchie : Saint-Germain-des-Prés dans l’histoire aérienne alliée

Dans la nuit du 20 au 21 août 1944, un Short Stirling de la Royal Air Force s’écrase près du hameau de La Moranchie. Les six aviateurs présents à bord perdent la vie.

D’après les archives de la Société historique et archéologique du Périgord, l’appareil appartenait au 299 Squadron du 38 Group. Il venait de la base de Keevil, dans le Wiltshire, et participait à une mission du Special Operations Executive.

Ces missions aériennes jouaient un rôle important dans le soutien aux réseaux de résistance. Elles pouvaient servir au parachutage d’armes et de matériel, aux liaisons ainsi qu’à différentes opérations clandestines. Elles étaient aussi particulièrement dangereuses.

Une mémoire franco-britannique toujours vivante

Les six aviateurs reposent aujourd’hui au cimetière d’Excideuil. Un monument installé à La Moranchie rappelle également le crash.

Le 23 août 2026, pour le 82e anniversaire de cet événement, Excideuil et Saint-Germain-des-Prés ont mis en place un parcours commémoratif. Celui-ci passe notamment par les tombes des aviateurs, la plaque de La Moranchie, La Verdenie et le cimetière communal.

Les résistants de la commune

Le cimetière de Saint-Germain-des-Prés conserve aussi la mémoire de résistants de la commune, parmi lesquels Mélina Faure, André Dumas et René Geoffroy.

Un lieu de promenade

Le caractère rural de Saint-Germain-des-Prés en fait naturellement un territoire propice à la promenade et à la randonnée.

Les chemins permettent de passer d’un paysage agricole à un élément du patrimoine ferroviaire, puis de rejoindre un lieu de mémoire ou un petit patrimoine local. Tout cela se trouve dans un environnement relativement proche et accessible. (Chemin des aviateurs, chemins du secteur du pont Romain, chemin de la Fon, chemin du moulin, chemin du ravillou, chemin de la tour, secteur Lage-la Servelie et bien d’autres ...)

On peut ainsi découvrir le Ravillou et le Merdanson, les ouvrages de l’ancienne ligne de chemin de fer, profiter du vélorail ou suivre les traces laissées par la Seconde Guerre mondiale.

Les promenades peuvent aussi se prolonger vers Excideuil, Tourtoirac et, plus largement, dans le territoire Isle-Loue-Auvézère.

Un coin de vacances

Saint-Germain-des-Prés est un lieu de séjour calme, rural et bien situé pour découvrir le nord-est de la Dordogne.

La commune offre les paysages verdoyants et l’atmosphère du Périgord Vert tout en restant proche d’Excideuil, de Thiviers et de plusieurs sites naturels et patrimoniaux.

On y trouve des gîtes et des maisons d’hôtes, dans la commune comme dans les environs. Les activités de plein air sont facilement accessibles, notamment en famille, avec le vélorail et les différents itinéraires de promenade.

Le patrimoine est varié sans pour autant donner le sentiment d’une forte concentration touristique. La proximité d’Excideuil permet aussi de profiter facilement de ses commerces et de ses services.

Saint-Germain-des-Prés constitue enfin un point de départ intéressant pour rayonner dans le Périgord Vert.

C’est ce mélange qui donne son identité à la commune. En quelques kilomètres seulement, on peut passer d’un château à un viaduc, suivre un chemin rural jusqu’à une stèle de la Résistance, découvrir un ancien tunnel ferroviaire devenu refuge pour les chauves-souris, puis retrouver l’ancienne voie ferrée à bord d’un vélorail.

 


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