
Saint-Germain-des-Prés se situe dans le nord-est de la Dordogne, dans le bassin de vie d’Excideuil. La commune fait partie de la Communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord.
Mais Saint-Germain-des-Prés n’est pas seulement un village rural. Son histoire est riche et reste encore bien visible aujourd’hui. L’exploitation du fer, l’arrivée du chemin de fer, les événements de la Seconde Guerre mondiale ou encore les liens anciens entre les paysages, les activités humaines et les voies de circulation ont profondément marqué la commune.
Nom occitan : Sent German daus Prats.
Saint-Germain-des-Prés est une commune de Dordogne, située dans l’arrondissement de Nontron et le canton Isle-Loue-Auvézère. Elle appartient au bassin de vie d’Excideuil et à la Communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord.
Son paysage est fait de collines, de vallons et de petits cours d’eau, parmi lesquels le Ravillou et le Merdanson.
Son patrimoine bâti comprend notamment l’église Saint-Germain, le château de Saint-Germain, le château de Saint-Pierre, ancienne colonie de vacances des PTT, mais aussi des pigeonniers et plusieurs ouvrages liés à l’ancienne voie ferrée.
L’église Saint-Germain conserve un chœur roman ainsi qu’une œuvre représentant l’Entrée du Christ à Jérusalem, protégée au titre des monuments historiques.
Le château de Saint-Germain témoigne de l’histoire résidentielle et seigneuriale locale. Le château de Saint-Pierre, qui a notamment accueilli une colonie de vacances des PTT, constitue lui aussi un repère architectural important.
À cela s’ajoutent les pigeonniers, les ponts, le petit patrimoine et les paysages ruraux. Autant d’éléments que l’on peut découvrir au fil d’une promenade dans la commune.
L’histoire de Saint-Germain-des-Prés a longtemps été liée au minerai de fer. Cette activité a même laissé sa trace dans le nom de la commune.
Pendant la période révolutionnaire et au début du XIXe siècle apparaissent ainsi les appellations « Germain le ferrugineux », puis « Saint-Germain-les-Mines », avant que la commune ne retrouve définitivement son nom actuel : Saint-Germain-des-Prés.
Ces anciens noms racontent à eux seuls une partie de l’histoire économique du territoire.
Le passé industriel de Saint-Germain-des-Prés occupe une place importante dans son histoire. Pendant des siècles, le fer a participé à l’économie locale et a laissé des traces dans les archives, la mémoire du territoire et même sa toponymie.
L’exploitation du minerai de fer fait partie de l’histoire de Saint-Germain-des-Prés depuis au moins la fin du XVIIᵉ siècle. En 1681, Bernard Bourzat, habitant de la paroisse, autorise des mineurs à creuser sur un terrain appelé la Grande Colombe. L’extraction est encadrée par un accord qui prévoit une rémunération liée au minerai obtenu.
Au XVIIIᵉ siècle, l’activité est notamment attestée à La Boudélie, où l’exploitation est documentée entre 1740 et 1778. Les Lascheyreix comptent parmi les familles qui tirent le fer dans la commune. En 1766, Pierre Lascheyreix acquiert des terres à Leyraudie et à Javelaud, comprenant une parcelle appelée le Coucou.
Le minerai était extrait sur des terrains appartenant à des propriétaires locaux, parfois des parcelles boisées où l’on venait « creuser la mine ». Les contrats faisaient intervenir propriétaires et exploitants, tandis que des travailleurs de la terre pouvaient participer à l’extraction. Pour certaines familles, cette activité représentait un complément de revenu et reliait les terres de la commune au travail des marchands et des maîtres de forge.
Mise en service en 1898, la ligne ferroviaire traversant Saint-Germain-des-Prés reliait la commune aux grands axes de transport. Des fours à chaux sont signalés sur son territoire, et de nombreuses carrières se trouvaient le long de la voie. À l’échelle de la ligne, le transport de la chaux resta important jusqu’à la fin des années 1920. Fours, carrières et chemin de fer témoignent ainsi de la diversité des activités liées aux matériaux dans l’histoire de Saint-Germain-des-Prés.
(images d'illustration)
Le relief donne à Saint-Germain-des-Prés un paysage caractéristique du Périgord Vert. Collines, vallons, prairies, bois et petits cours d’eau se succèdent.
Cette géographie a influencé l’installation des activités humaines au fil du temps. Elle explique aussi les difficultés rencontrées par les ingénieurs lors de la construction du chemin de fer à la fin du XIXe siècle.
Le Ravillou et le Merdanson font partie du paysage de Saint-Germain-des-Prés. Habituellement modestes, ces cours d’eau peuvent réagir rapidement lorsque les pluies deviennent importantes.
Ils participent pleinement au caractère verdoyant de la commune et de ses environs. (images Wikimédia Commons).
L’ancien tunnel ferroviaire, situé près du secteur d’Excideuil, a aujourd’hui une fonction bien différente de celle pour laquelle il avait été construit.
Il est devenu un habitat remarquable pour les chauves-souris. Le site Natura 2000 du Tunnel d’Excideuil est notamment reconnu pour la présence de cinq espèces, dont le Grand Murin, qui s’y reproduit.
Un ouvrage autrefois consacré au chemin de fer et au développement des transports est ainsi devenu un élément précieux du patrimoine écologique local.
À la fin du XIXᵉ siècle, le chemin de fer relie Saint-Germain-des-Prés à un réseau de transport qui s’étend d’Angoulême à Brive. Le projet est déclaré d’utilité publique en 1881 et le tronçon de Thiviers à Saint-Aulaire, qui passe par la commune, ouvre le 15 octobre 1898. La liaison entre Angoulême et Brive est alors assurée par plusieurs sections : les voyageurs doivent changer de train à Thiviers. Les horaires de 1907 confirment que Saint-Germain-des-Prés est desservi par la ligne.
Le relief vallonné impose de grands travaux. Pour franchir la vallée du Ravillou, les ingénieurs construisent un viaduc de neuf arches, long d’environ 135 mètres. Plus loin, en direction d’Excideuil, un tunnel d’environ 860 mètres permet à la voie de poursuivre son tracé. Le viaduc, le tunnel et les autres aménagements ferroviaires deviennent peu à peu des éléments familiers du paysage.
La ligne transporte des voyageurs et contribue aussi à l’économie locale. Les fours à chaux et les carrières des environs fournissent des marchandises acheminées par le rail ; ce trafic reste important jusqu’à la fin des années 1920. Le service voyageurs s’interrompt en 1940, reprend pendant la guerre, puis cesse en 1946. Le transport de marchandises se maintient sur certains tronçons jusqu’aux années 1980. Aujourd’hui, une partie de l’ancienne voie a une nouvelle vocation touristique : le vélorail permet de redécouvrir le tracé et de passer sur le viaduc du Ravillou.
Le viaduc qui traverse la vallée du Ravillou reste aujourd’hui l’un des éléments les plus visibles de ce patrimoine ferroviaire.
Il témoigne à la fois du savoir-faire technique de l’époque, du travail nécessaire à la construction de la ligne et de l’histoire économique du territoire. Aujourd’hui, il participe aussi à son attrait touristique.
Au départ de Corgnac, le parcours du vélorail rejoint Saint-Germain-des-Prés et se poursuit jusqu’à Saint-Andrieux. Cette balade d’environ 14 kilomètres aller-retour emprunte l’ancienne voie ferrée et fait découvrir l’un des ouvrages les plus remarquables de la commune : le viaduc qui franchit la vallée du Ravillou. Grâce à l’assistance électrique, le trajet permet de profiter des paysages et du patrimoine ferroviaire à son rythme. À Saint-Germain-des-Prés, le vélorail prolonge ainsi l’histoire d’une ligne qui desservait autrefois la commune.
L’histoire militaire de Saint-Germain-des-Prés mérite une place à part entière. Entre 1943 et 1944, plusieurs événements importants se déroulent dans la commune ou à proximité. Les Chantiers de la jeunesse, la Résistance, la Milice, la répression allemande et les missions aériennes britanniques se retrouvent ainsi au cœur de cette période.
En 1943, le château de Saint-Pierre accueille le poste de commandement du Groupement 28 « Péguy » des Chantiers de la jeunesse française.
Le groupement était auparavant installé dans l’Ariège. Il est ensuite déplacé en Dordogne, avant d’être affecté à la Poudrerie de Bergerac.
Cet épisode rappelle la place occupée par Saint-Germain-des-Prés dans l’organisation de la France de Vichy et dans la mobilisation de la jeunesse mise en place après 1940.
Cette partie de l’histoire doit toutefois être présentée avec précision. Les Chantiers de la jeunesse ne constituaient pas une unité combattante traditionnelle. Leur présence reste malgré tout un élément important du passé militarisé de la commune.
Le 30 mai 1944, trois voitures de la Milice quittent Thiviers pour se rendre à Excideuil. Elles transportent Adolphe Parrot, arrêté la veille et menacé pour qu’il révèle l’identité de résistants. Comme les recherches des miliciens restent infructueuses, ils emmènent aussi trois civils — M. Faure, Mme Brizon et Mme Cipierre — après les avoir récupérés à la gendarmerie. Les maris des deux femmes, résistants, étaient recherchés.
Des résistants locaux, dont des FTP, préparent une embuscade sur la route du retour, près de Lage et de La Sablière. Selon la fiche du CDM24, l’attaque est menée sous la responsabilité du jeune maquisard FTP Louis Roux. Les quatre captifs parviennent à être libérés ; Mme Brizon est blessée. Le récit de la Préfecture indique que huit miliciens meurent pendant la fusillade et qu’un neuvième, qui s’enfuit, est abattu peu après. L’épisode est aussi appelé embuscade de l’Ouillage.
La stèle, près de la D76 en direction d’Excideuil, rappelle l’événement. Elle a été rénovée en 2012. L’embuscade s’inscrit dans une période de forte répression de la Résistance en Dordogne, où la Milice mène plusieurs opérations au printemps 1944.
La Verdenie : René Donadille et les victimes de la répression
René Donadille, âgé de 30 ans, était typographe et originaire de Toulouse. Pour échapper au Service du travail obligatoire, il avait quitté sa ville et était venu travailler à l’imprimerie de Clairvivre. Il rejoignit ensuite la Résistance dans le secteur d’Excideuil ; certaines sources locales le rattachent aux Francs-tireurs et partisans (FTP). Récit local sur les monuments de La Verdenie
Après le débarquement allié en Normandie, les actions de la Résistance se multiplient en Dordogne. L’armée allemande riposte par des opérations contre les maquis, notamment avec des unités du groupement Wilde, rattaché à la 11e division blindée. Le 28 juin 1944, des résistants du secteur tentent de ralentir l’avancée allemande : des FTP font notamment sauter le pont de Vetz, à Coulaures, tandis que plusieurs affrontements éclatent dans les environs d’Excideuil. Archives départementales de la Dordogne · CDM24 sur les événements du 28 juin
C’est dans ce contexte que René Donadille est tué près du hameau de La Verdenie, au bord d’une route de contournement que les Allemands voulaient emprunter. Les sources mémorielles retiennent le 28 juin 1944 et indiquent qu’il est mort au combat, les armes à la main. Elles ne décrivent toutefois pas précisément le déroulement de l’affrontement. Une source locale rapporte que la colonne allemande venait de Sarliac ; d’autres récits sur les combats du secteur évoquent une colonne partie de Périgueux en direction d’Excideuil. CDM24, « La Verdenie » · Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord
La stèle de La Verdenie garde aujourd’hui la mémoire de son engagement et de sa mort. Elle rappelle également deux victimes juives de la répression, Hugues Rottenberg et Charles Moog, tuées quelques mois plus tôt dans la commune.
Dans la nuit du 20 au 21 août 1944, un Short Stirling de la Royal Air Force s’écrase près du hameau de La Moranchie. Les six aviateurs présents à bord perdent la vie.
D’après les archives de la Société historique et archéologique du Périgord, l’appareil appartenait au 299 Squadron du 38 Group. Il venait de la base de Keevil, dans le Wiltshire, et participait à une mission du Special Operations Executive.
Ces missions aériennes jouaient un rôle important dans le soutien aux réseaux de résistance. Elles pouvaient servir au parachutage d’armes et de matériel, aux liaisons ainsi qu’à différentes opérations clandestines. Elles étaient aussi particulièrement dangereuses.
Les six aviateurs reposent aujourd’hui au cimetière d’Excideuil. Un monument installé à La Moranchie rappelle également le crash.
Le 23 août 2026, pour le 82e anniversaire de cet événement, Excideuil et Saint-Germain-des-Prés ont mis en place un parcours commémoratif. Celui-ci passe notamment par les tombes des aviateurs, la plaque de La Moranchie, La Verdenie et le cimetière communal.
Le cimetière de Saint-Germain-des-Prés conserve aussi la mémoire de résistants de la commune, parmi lesquels Mélina Faure, André Dumas et René Geoffroy.
Le caractère rural de Saint-Germain-des-Prés en fait naturellement un territoire propice à la promenade et à la randonnée.
Les chemins permettent de passer d’un paysage agricole à un élément du patrimoine ferroviaire, puis de rejoindre un lieu de mémoire ou un petit patrimoine local. Tout cela se trouve dans un environnement relativement proche et accessible. (Chemin des aviateurs, chemins du secteur du pont Romain, chemin de la Fon, chemin du moulin, chemin du ravillou, chemin de la tour, secteur Lage-la Servelie et bien d’autres ...)
On peut ainsi découvrir le Ravillou et le Merdanson, les ouvrages de l’ancienne ligne de chemin de fer, profiter du vélorail ou suivre les traces laissées par la Seconde Guerre mondiale.
Les promenades peuvent aussi se prolonger vers Excideuil, Tourtoirac et, plus largement, dans le territoire Isle-Loue-Auvézère.
Saint-Germain-des-Prés est un lieu de séjour calme, rural et bien situé pour découvrir le nord-est de la Dordogne.
La commune offre les paysages verdoyants et l’atmosphère du Périgord Vert tout en restant proche d’Excideuil, de Thiviers et de plusieurs sites naturels et patrimoniaux.
On y trouve des gîtes et des maisons d’hôtes, dans la commune comme dans les environs. Les activités de plein air sont facilement accessibles, notamment en famille, avec le vélorail et les différents itinéraires de promenade.
Le patrimoine est varié sans pour autant donner le sentiment d’une forte concentration touristique. La proximité d’Excideuil permet aussi de profiter facilement de ses commerces et de ses services.
Saint-Germain-des-Prés constitue enfin un point de départ intéressant pour rayonner dans le Périgord Vert.
C’est ce mélange qui donne son identité à la commune. En quelques kilomètres seulement, on peut passer d’un château à un viaduc, suivre un chemin rural jusqu’à une stèle de la Résistance, découvrir un ancien tunnel ferroviaire devenu refuge pour les chauves-souris, puis retrouver l’ancienne voie ferrée à bord d’un vélorail.
Le secrétariat est ouvert au public :
le lundi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 16h30,
le mardi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 16h30,
le mercredi de 9h00 à 14h00 sans interruption,
le jeudi Fermé au public
le vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 16h30 (sauf le 3ème vendredi du mois : de 9h00 à 12h00.
Le samedi, une permanence est assurée par les élus de Uniquement sur rendez-vous